XXVI. « Il aimait qu'Odette fût ainsi, de même que, s'il avait été épris d'une bretonne, il aurait été heureux de la voir en coiffe et de lui entendre dire qu'elle croyait aux revenants » [Proust]. Calum E.T. Jane.

XXVI. « Il aimait qu’Odette fût ainsi, de même que, s’il avait été épris d’une bretonne, il aurait été heureux de la voir en coiffe et de lui entendre dire qu’elle croyait aux revenants » . Calum E.T. Jane.
*

_____C'est qu'elle aurait raison, Kami, de lorgner les bicyclettes d'un mauvais ½il, car, elle allait devoir pédaler dans la semoule écossaise, puis anglaise, et ce jusqu'à Porstmousse. Elle pourrait d'ailleurs dire merci au Père Inventaire de sa femme, qui, ayant offert à celle-ci une nouvelle pompe à vélo pour sa majorité, m'aurait donné cette idée de voyage. On serait alors tous les quatre parés, prêts et équipés pour le départ. L. dans les chaussures roses fluo de sa femme, Kami dans celles, vertes, de son épouse. Dieu n'aurait pas besoin de chaussures, car il est divin tout de même, mais porterait, pour le plaisir des yeux, des sandales romaines, dont les lacets de cuir montraient jusqu'aux épaules. Quant à moi, j'aurais opté pour des espadrilles, la pluie britannique étant au rendez-vous, afin non seulement de pédaler plus vite, car d'appuyer plus fortement avec mes dix centimètres de talon à chaque tour et d'exercer une force supérieure car qu'on se le dise vingt centimètres de talon en tout, cela pèse, mais aussi de m'habituer à marcher avec de la hauteur, c'est que je ne voudrais pas avoir le vertige quand je serais sur les planches.

_____L.. et Kami se battraient alors, car elles ne seraient pas d'accord sur laquelle d'entre elles auraient perdu les clefs du château. Je m'en irais alors discutailler avec Dieu un instant, car, entre nous, ce serait moi qui les aurais égarées. L'instant dura cinq minutes. Kami et L. se battraient alors, car elles ne seraient pas d'accord sur la façon de fermer le château désormais. Je m'en reviendrais alors avec Dieu, car, entre nous, j'aurais une petite idée de comment m'y prendre. Je leur dirais de m'attendre tous trois bien gentiment sur leur selle respective, j'irais verrouiller la lourde porte de bois de chêne centenaire de l'entrée, et reviendrais bien vite en déclarant mystérieusement :
« Il y a toujours une solution face à l'ouverture. »

_____Cousin sourirait alors comme un chimpanzé qui aurait le droit d'être figurant dans un dessin animé sur la chaîne prolétaire et qui parlerait from time to time anglais avec une latino américaine quand ça leur chante, car il aurait tout compris de ma manigance et ça le ferait sourire parce qu'il aime bien les chimpanzés, les tartes à la banane, et quand je fais ce genre de blagues. Il nous faudrait environ une demi-journée pour dévaler collines et jardins de notre propriété et pour atteindre les limites de celle-ci en chantant silencieusement des airs pour instruments à vent. Le grand portail de feuillage massif serait alors fermé. Je me tournerais vers la faible assemblée importante avant de déclarer, avec toute la théâtralité et le faste dont je pourrais faire preuve :
« Rester donc en équilibre précaire sur vos deux-roues, le premier qui met pied à terre avant que j'aie ouvert un passage parmi la verdure aura gagné le droit de rester ici. »

_____Kami, que la possibilité d'un effort physique effrayait déjà soufflerait, histoire sans aucun doute d'emmagasiner un maximum d'oxygène et de me montrer, par la même occasion, qu'elle ne camperait pas ici éternellement. Avant qu'elle ait pu terminer sa gymnastique pulmonaire, j'aurais déjà joué de la clé discrètement et ouvert la voie à mes compagnons de route. Devant le regard énervé de Kami, celui suspicieux de L. et le dernier amusé d'Alexis, je dirais pompeusement :
« Il y a toujours une solution face à la fermeture. ».

_____Alors on serait fatigué, on s'assiérait à même le sol humide et chaud. Kami déciderait d'un commun accord –à la vue du ciel qui s'assombrirait, elle oublierait que nous serions sous des arbres, en pleine forêt- que le moment serait venu de planter la tente. En disant cela elle se tournerait vers L. car c'est Dieu qui aurait, dans son sac, la dite tente, qui, déployée, ferait bien dans les trente mètres carrés, même s'il n'y aurait que trois chambres, une kitchenette et un semblant de salle de bain. Celui-ci arracherait donc enfin de son dos le sac, et ses épaules retrouveraient leur déploiement habituel, c'est que ce serait lourd cette tente de pauvres ! Mais on l'aurait choisie car elle se montrait en deux secondes, il nous suffirait de la lancer en l'air, et elle retomberait au sol magiquement et entièrement montée. L'ennui, et nous nous en rendrions compte bien vite, c'est qu'il ne serait pas prévu dans l'habitacle de place pour nos meubles Ikea, mais seulement pour de simples ersatz en plastique. La tente serait donc beaucoup trop lourde et il faudrait tous les efforts répétés de Dieu, tous les cris de Kami, toute la paresse de L. et moi, et quatre heures de temps pour que les deux secondes s'écoulent. Il ferait alors nuit et après le repas préparés par les femmes, je les ferais tous tirer à la courte paille pour savoir qui dormirait dehors. Cela tomberait sur Dieu alors L. l'inviterait dans sa chambre de camping.

_____Nous ne trouverions alors sur l'instant pas ça louche, malgré tout ce que m'aurait dit L. pendant que les deux acharnés s'acharneraient à déplier la tente, et ce uniquement parce que nous serions morts de fatigue.

_____Le lendemain, l'esprit clair et ressuscité, nous repartirions en voyage, non sans avoir perdu trois secondes à replier la tente. Nous serions désormais en terre inconnue et, pour ne pas qu'elle ait peur, je dirais à Kami qu'il ne faut pas être effrayée comme ça, que, même si elle n'est plus habituée depuis des années à quitter notre château, c'est ce que les gens normaux font tous les jours. Elle n'aurait plus du tout peur, mais je continuerais en disant que en fait les gens normaux il leur arrivait de mourir des fois, mais ça ne la tétaniserait pas pour autant.

_____Parce que le voyage serait quand même long et que j'aurais tout de même mal aux pieds avec ces chaussures, on s'arrêterait une semaine plus tard sur les bords d'une rivière, dans l'herbe, les pieds dans l'eau et la tête dans les nuages.L. s'endormirait bien vite car elle aurait été la dernière à ne pas dormir dehors, car quand on dort dehors, on ne dort pas. Elle aurait pioché la mauvaise brindille et Kami et moi ne l'aurions pas acceptée dans notre chambre respective juste pour voir ce que ferait Alexis, et celui-ci, je-m'en-foutiste comme une poule qui trouverait un ½uf d'or, serait allé tout droit dans ses quartiers, sans rien demander à personne. Ce dernier maintenant lirait prudemment Proudhon, L. dormirait et j'en profiterais bien vite pour vous faire une petite description de l'endroit, du lieu et de l'envers du décor avant de tomber à mon tour amorphe, et morfler en touchant de mon corps mou la terre dure, et y trouvant sur le sol, entre deux grosses pierres qui m'auraient brisé aisément et sans tracas mais dans un grand fracas la nuque et la cavité occipitale de mon crâne, le sommeil. J'aurais juste le temps de m'apercevoir que le ciel serait complètement dégagé, d'un bleu de cataracte scandinave, avant de m'effondrer de tout mon long dans les pâquerettes. C'est là, entre les herbes aussi hautes que folles, dans ce paillasson naturel grouillant d'insectes aussi dangereux qu'inoffensifs mais qui chatouillent et qui grattent bordel, sur une motte de terre qui s'agiterait car sous laquelle une taupe en kilt pousserait afin se sortir mais qui préférerait mourir, c'est que je pèserais mon poids, que, n'ayant aucune idée de tout ce qui m'entourerait, je rêverais. Mais comme le premier rêve serait inintéressant –c'est que je pense à vous– je ne vous en ferais pas part, d'autant que je l'aurais oublié ; voilà pourquoi je passerais directement au second :
Une méga-birthday-garden-party, la nuit, dans une maison. Celle de ma grand-mère où ma grand-mère n'habite plus. C'est l'anniversaire de mon professeur d'arts plastiques, il a dix-sept ans. C'est la fin de la soirée, Kami, Sainte-Agate, Lucie et moi sommes en train de faire un feu de camp dans la salle à manger. Quand on se dirige vers la sortie afin d'aller se bourrer avec des canettes de bière pas bonne et coupantes, on entend comme le bruit d'une bagarre. On ne s'était pas trompé de beaucoup, car il s'agissait d'une baston. Mon professeur d'arts plastiques et un élève du lycée qui dans ma tête a toujours été lié à l'image d'un SS (et ce justement parce que je n'en ai jamais vu), se lancent bouteilles de verre et autres anorexiques. Ça chauffe dur, et c'est pourquoi, Sainte-Agate, récupérant une bouteille vide mais intacte, y met le feu en soufflant par le goulot. Ça nous fait peur et Kami la lance alors contre la maison, qui prend forcément feu. Le mur de béton brûle si vite que les flammes le consument bien rapidement, laissant voir à travers la chambre qui était auparavant de l'autre côté du mur. Comme les pompiers dans les films, on traverse le mur de flammes, pour réveiller les deux idiots qui dorment dans le lit afin qu'ils arrêtent le feu, et nous décidons alors de retourner à notre feu de camp, devant notre télé qui est un écran géant sans images qui défilent.

_____C'est là, oui exactement là, quand je me rendrais compte avec une pointe de tristesse et de désappointement que l'écran est éteint, que je me ferais réveiller par Kami qui hurlerait qu'elle venait de se faire réveiller parce qu'une carpe britannique lui avait mangé un orteil. Je lui dirais, encore endormi, que mis à part l'équilibre, elle ne perdrait pas grand-chose et que ça lui ferait économiser du vernis à ongles de surcroît. Elle se rendormirait bien vite, rassurée, et je ferais de même, rasséréné :
Je suis dans une petite pièce qui constitue un appartement exigu. J'ai un chat de la taille d'une vache sur mes genoux, au pelage blanc comme la fumée qui sort par les pots d'échappement et au bout des pattes et du museau gris comme les pétales de marguerite. On frappe à la porte et je cris : « 'm comin' » ou plutôt « Come in » et c'est plutôt la deuxième chose qui se produit. Un homme en sueur et en short, une raquette à la main, me lance alors un livre au visage et qui, en retombant, s'ouvre sur une page vierge, hormis le « A Ernest Gulbis » entouré au feutre rouge qui fend italiquement le papier recyclé. Je lui dis que ça fait bien longtemps que je me demande quand il va venir, ce à quoi il répond qu'il aura fallu plus de temps à un traducteur letton qu'à lui, de déchiffrer mon roman. J'apprends au passage dans mon rêve, que letton se dit « latvian » en angliche et je dis merci à Freud. On continue de discuter, et à chaque mot anglais prononcé le chat rétrécit, de vache il passe à chaise, et enfin il est chat quand Lucie arrive pour le prendre. Comme elle ne sait pas comment l'appeler elle l'appelle SimoneDeBeauvoir-Amandla-OlympeDeGouges-VirginiaWoolf et la chatte saute dans ses bras. Les deux femelles parties, le rêve devient érotique.

_____En me réveillant, je me dirais que ce serait de la faute à Kami, ces rêves érotiques, elle n'avait qu'à pas me faire lire des trucs avec des charmes de lubrification et autres doubles-pénétrations non plus, mince à la fin. On reprendrait la route, et, pour passer le temps, on déciderait de parler, et c'est Kamii qui commencerait en me disant :
Kami : Tu penses à lui au passé et simplement c'est dur, tu connais mal ta conjugaison.
L. : Ma prof d'allemand, cette inculte de la matière qu'elle ose daigner enseigner, me demande d'arrêter de faire tant attention aux désinences.
Calum E.T. Jane : Des nuisances, j'en ai plutôt marre, c'est que je veux de l'intelligence ou du silence en cette période d'examens.
Dieu : Voilà un salut bien français pour des culottes à la française. Tu as joué les faux-jetons, hier soir.
Kami : Oui, tu m'as flanqué les jetons avec ton histoire de pièce. Je me demande s'il n'est pas trop tôt.
L. : Pas plus tard qu'hier, cette incapable me dit que je parle trop bien allemand pour elle, c'est bien évident qu'elle n'a rien à faire là.
Calum E.T. Jane : il n'avait rien à faire là, ce nuisible que j'ai éjecté de ma vie. Oui on s'est moqué de lui avec nos cartons à dessin mais que veux-tu, je ne peux être amoureux d'un tel sac d'os.
Dieu : En te faisant la belle, oui, monsieur, en te faisant la belle. Tu ne comprends pas ?
Kami : Je comprends bien finalement que tu aies besoin d'écrire sur votre rupture pour pouvoir passer à autre chose.
L. : Alors pour changer de sujet, elle revint au texte. Elle ne savait pas que ça irait de mal en pis.
Calum E.T. Jane : Mais les choses empirèrent, et cela uniquement parce que je ne voulais pas m'abaisser au rang de pédétitude ignorante.
Dieu : Autant dire que, dans un cas comme le tien, un homme risque fort de se faire un tour de reins à force de faire des courbettes.


_____Ici nous ferions une petite pause, juste par souci pour le lecteur, pour ne pas qu'il se perde. C'est que nous aurions beau faire un dialogue de sourds, nous nous serions entendus sur le fait qu'il nous faillasse expliquer à celui qui nous lit qu'aucun de nous ne parlait de la même chose. Kami m'entretiendrait de mon projet littéraire, tandis que L. nous raconterait une anecdote germanophone, je me plaindrais pour ma part des déconvenues inconvenantes dont je serais l'objet, alors que Dieu répèterait tout bonnement son texte. La chose étant dite, ma femme poursuivrait :

Kami : Et puis Bérénice, ce classique, tu le réécrirais si bien, que tous en oublieraient les versions classiques.
L. : le type classique et caricatural de la prof ignorante. Elle nous demande de lui faire traduire les mots allemands qui nous sont inconnus.
Calum E.T. Jane : L'inconnu moustique, écrasé sur la vitre de l'oubli -c'est que je n'ai pas de temps à perdre-...
Dieu : Naturellement, tu touches droit au but.
Kami : Si ton but est de ramener ton amour cependant, laisse-moi douter de la réussite de ton entreprise.
L. : Une élève de ma classe déclare alors « Maintenant c'est pour la paix », devant les yeux interdits d'incompréhension du déchet de l'éducation nationale.
Calum E.T. Jane : ...j'apprends qu'un autre me colle aux sabots. Dois-je rejouer de la cravache ?
Dieu : Mais je suis l'étalon même de la courtoisie.
Kami : Je te le dis en toute politesse, Mari. Cependant je suis convaincu, que ce sera un chef d'½uvre de littérature que tu vas nous pondre.
L. : Elle n'avait pas compris la poule dont le petit pois baignait dans l'eau que « Maintenantc'estpourlapaix » ne constituait pas un seul mot allemand.
Calum E.T. Jane : Je préfère attendre de savoir de qui il s'agit avant d'agir, c'est que ce puissant Thor est peut-être beau comme un dieu le bougre.
Dieu : Exact.


_____Ici nous referions une pause, et plus par souci pour le lecteur, c'est que c'est nous qui serions perdus. Kami aurait subi un choc que je n'expliquerais pas, mais elle m'aurait expliqué quelque chose qui m'aurait choqué. Mais cela n'arrêterait pas les deux autres pour autant, bien au contraire, les voilà qui s'enflammeraient comme si leur vie en dépendait (c'est que j'ai toujours rêvé d'écrire cette phrase mais vous avouerez avec moi qu'il est difficile de le faire sans ironie) et crierait peut-être dans le but de compenser notre silence. Ma femme ferait semblant de prolonger :

Kami : Ok, c'est bien.
L. : Mais mes notes me permettent de prétendre croire que je pourrais continuer l'allemand l'année prochaine.
Calum E.T. Jane : Comment prétendre maintenant que je ne sais pas, comment réagir au théâtre, devant Lucie, comment ne pas lui dire ?
Dieu : Ton esprit est vraiment comme une pomme douceâtre, c'est une sauce qui pique.
Kami : ...
L. : Comme ça je finirais par devenir bilingue, là où il est clair qu'il n'en sera rien de vous pauvre Calum etc.
Calum E.T. Jane : Kami ? Kami tu t'moques de moi ? Pourrais-je savoir à quoi répond ce silence ?
Dieu : Oh ! ton esprit est comme de la peau de chevreau qui, d'un pouce de long, s'étire jusqu'à faire une belle verge.
Kami : (un semblant de toussotement)
L. : votre silence futur montre bien que vous êtes jaloux mon bon mari ! Ah ! Jouissance ! Je vous surpasserais, me voilà aux cieux !
Calum E.T. Jane : ...
Dieu : Eh bien, tout cela n'est-il pas mieux que des gémissements d'amour ? Maintenant te voilà sociable, te voilà à nouveau Roméo, non plus tête de lard mais tel que t'ont fait l'art et la nature, car cet amour pleurnichard est comme un grand nigaud qui court partout, la langue pendante, pour fourrer son joujou dans un trou.

_____Et il en serait ainsi pendant les trente jours de la traversée de l'île. Nous serions arrivés à Plymousse, où nous attendrions un ferry pour la côte ibérique. Nous ne serions pas les seuls à patienter car j'entendrais un petit tout tâché de rousseur pleurer : « oh le bateau il va pas arriver, il va pleuvoir. » C'est ici, sous la pluie que nous verrions pour la dernière fois pendant notre voyage, que Dieu crierait, les larmes aux yeux : « La peste soit de vos deux maisons ! La peste soit de vos deux maisons ! » avant de tomber dans la mer, c'est qu'il verrait mal à travers le flot lacrymal, que le pont ne mènerait pas encore au bateau, puisque ce dernier arriverait tout juste à l'horizon. En deux temps (le soleil aurait remplacé la pluie) et trois mouvements (nos yeux qui voyaient Dieu tomber, nos bouches qui criaient, nos mains qui retenaient L. qui allait sauter), le ferry serait arrivé, nous y monterions alors. Et c'est ainsi que nous repartirions sans Cousin, et que Kamii déclarerait, au vu des circonstances actuelles : « Ce couillon notre mouchoir », ce que nous ne manquerions pas de faire.


_____Le départ dans le pathos effectué dans les règles du Titanic, nous pourrions effacer d'un geste du mouchoir, nos larmes fictives de cinéma. C'est que Dieu ne serait pas Leonardo non plus, Kami, elle au moins, ne me contredirait pas sur ce point. Laissant alors L. dans son rôle de veuve tout juste éplorée mais non encore efflorée, je choisirais d'aller m'entretenir à l'écart avec mon autre femme. Nous irions tous les deux sur le ponton, parce qu'entre nous, la poupe ou la proue je n'ai jamais su et je ne voudrais jamais faire la différence, et, comme des maîtres du monde, on ferait prendre le vent à nos cheveux pour reboucher nos pores. Je voudrais lui parler de l'incident de communication que nous aurions essuyé durant la traversée de l'Angleterre, alors je lui crierais :
« Terrien, plus rien du tout pour moi ! »
Mais elle n'entendrait pas parce que la mère de Pocahontas en sifflant lui soufflerait à l'oreille cette magnifique allitération : Les créatures de la nature ont besoin d'air pur. Alors elle chanterait de concert avec la sauvage et au son des tam-tams, et alors là c'est sûr, je devrais attendre encore un peu avant de pouvoir lui parler.

_____Elle reviendrait plus tard à ses esprits, -enfin pas tout à fait car elle me parlerait de peindre du vent ou une autre connerie comme ça et je me dirais qu'il faudrait quand même qu'elle arrête Walt Disney- et me rejoindrait sur un des côtés du ferry parce qu'entre nous, bâbord ou tribord, je n'ai jamais voulu et je ne saurais jamais faire la distinction.
« Sais-tu à qui est la lune Jane ? » me demanderait-elle avec toute la candeur dont elle peut faire preuve quand elle sait que je lui ai déplu. Alors pour toute réponse je lui demanderais à quoi rimait son silence, depuis trente jours.
« Un problème téléphonique sans aucun doute ».
Je me dirais tout de même, qu'elle a de la chance cette petite paysanne de la Loire, que je l'aime comme un mari bat sa femme, sinon j'aurais pu me fâcher tout rouge et déclarer avec sérieux qu'on devrait instaurer la peine de mort sinon pour des raisons d'éthique au moins économiques.

_____Calmé, je déciderais d'aller faire une sieste et Kami serait d'accord, c'est que nous n'aurions pas dormi depuis le matin, L. pourrait continuer à pleurer cependant pendant de longues heures encore, c'est que la proportion d'eau dans son organisme serait trop importante et qu'elle risquerait de se noyer, si elle ne remédiait pas à ce problème en sécrétant toutes les larmes de son corps de crocodile. Pour notre part, nous nous échouerions comme des baleines mourantes sur notre lit respectif (c'est que dans ce genre de Paquebot, les places sont chères et qu'il fallût nous serrer comme des sardines à l'huile dans un réduit à balais) et nous endormirions avant de toucher le matelas, dur comme un rocher recouvert d'algues glissantes. Je croirais rêver de jeunes blacks dans un ghetto américain, mouillés jusqu'aux cheveux tondus dans des affaires de drogue et d'argent sale, de meurtre pour le gang, mais je me rendrais compte en me réveillant, que toute cette histoire proviendrait d'un poste de radio laissé allumé par mégarde, et je me dirais que quand même, c'est bien d'avoir enfin une preuve que nos rêves n'ont rien à voir avec notre inconscient, mais baignent dans les souvenirs sensitifs ambiants, n'en déplaise à Freud. Je laisserais ma femme à l'ouïe moins fine mais au sommeil plus lourd, dormir encore un peu, et sortirais de la cabine dans l'espoir de retrouver l'autre de mes épouses, car j'aurais quelques peurs : je viendrais de me rendre compte qu'elle pouvait choisir à tout moment –malgré tous ses idéaux- de sauter par-dessus bord et se jeter en pâture aux requins.

_____Mais qu'elle ne serait pas ma surprise de découvrir, plutôt que ma femme famélique, un troupeau d'éléphants de mer échoués sur la même plage que nous. Je verrais ces monstres de graisse et me dirais, perspicace et lucide, que j'aurais en spectacle l'avenir de l'homme, dans toute son horreur. C'est que j'aurais vite fait de comparer ces mammifères, que tout oppose à l'agile chaton, à la rapide gazelle, de comparer donc des anti-mammifères aux macdonaldisés, quickisés, et autres kingchickenisés américains, négations de l'humanité. Ce seraient les mêmes bourrelets dansants quand le moment de se trémousser viendrait, les mêmes membres atrophiés par cette masse bonasse de gras, les seules différences notables comprendraient la trompe du mâle et les moustaches des femelles, les poils des nouveau-nés. Je me délecterais de ma comparaison, heureux comme seul peut l'être celui qui vient de découvrir une réponse existentielle à l'histoire de l'humanité, je comprenais désormais l'allégresse des paléontologues découvreurs de Lucy, la satisfaction de Darwin, et la délectation de Tarzan.
Ce serait à ce moment que Kami arriverait, et gâcherait tout mon plaisir en certifiant, d'un ton péremptoire qui n'appelait aucune répartie :
« Ce sont les surimis, ils ont des effets néfastes et irréversibles sur leur pauvre santé, d'où les trois tonnes. Merci Coraya, merci la mer. »
J'essaierais de cacher mon rire et nous nous mettrions à la recherche de notre femme, et, chemin faisant, nous croiserions pléthore de grabataires, croyant un temps que pendant que nous dormions, on nous avait échangé le navire, nous nous prendrions d'une panique affolante. Mais après avoir fait quatre fois le tour du paquebot en courant et criant que nous avions dormi pendant soixante-ans, nous serions tellement essoufflés que nous nous arrêterions à la cafétéria, ou après avoir avalé d'une traite trois banana split, nous ne verrions plus aucun inconvénient à avoir voyagé dans le temps. Kami se demanderait quand même pourquoi toutes les personnes âgées se saluent entre elles, comme pour se dire tu vois moi aussi je suis vieux maintenant, moi aussi j'ai le droit de m'assoir dans le tram et de monopoliser les caisses des grandes surfaces aux heures de pointe. Je dirais à ma femme que tout de même, elle serait très critique, et que surtout, elle me ferait bien rire.

_____La nuit retomberait alors nous irions nous coucher sans avoir retrouvé notre femme, alors, la larme à l'½il, tristes de l'avoir peut-être perdue à tout jamais, nous nous endormirions somme toute rapidement et sans trop de difficulté.
Mais nous serions rapidement réveillés par une tempête océanique, le bateau chavirant sur les vagues tsunamiques, les nuages déversant flots marins et trombes salées sur notre pauvre bicoque. Alors je sortirais nu sous mon anorak, pour faire face aux éléments déchaînés, car j'aurais lu pendant mon adolescence Amélie –notons les nombreuses références littéraires dans ma prose- et que j'aimerais moi aussi offrir mon corps à la pluie torrentielle. Je me dévêtirais donc, et m'allongerais à même les planches de bois de la barque, afin de subir les assauts répétés mais infatigables du déluge. Je finirais par m'endormir en même temps que la tempête et je saurais bien, le lendemain, pourquoi je serais malade comme un chien. L'ennui c'est que je n'aurais pas prédit qu'il me faudrait me moucher vingt-cinq fois par jour pendant une semaine, heureusement pour moi que ma mère va acheter ses cartouches de mouchoir en Belgique, où a vie est paraît-il moins chère, voilà pourquoi Jean-Philippe aurait tenté une évasion malheureusement sous le feu des médias et les flashes des paparazzis.

_____C'est alors que j'userais un énième mouchoir en papier –c'est que par souci pour les Verts qui sont mes amis, je ne dirais pas le nombre- que je retrouverais en même temps femme perdue, dont les larmes auraient fini par sécher en même temps que le pont, et terre à l'horizon, que j'identifierais sans mal, en géographe de profession mais historien de passion comme étant les Canaris.
« Nous ne sommes plus loin, clamerais-je accompagné du chant mélodieux des passereaux, Terre ibérique, nous voilà ! ».

# Postato domenica 08 giugno 2008 14:17

Modificato martedì 10 giugno 2008 08:23

XXIII. Quand on s'estime sain, sauf qu'on achète pour 7¤50 de pièces d'un centime pour les vernir en bleu. Calum E.T. Jane.[αятι¢ℓє νιηgт- sιχιέмє вιs]

XXIII. Quand on s'estime sain, sauf qu'on achète pour 7¤50 de pièces d'un centime pour les vernir en bleu. Calum E.T. Jane.[αятι¢ℓє νιηgт- sιχιέмє вιs]

C'est parce que j'aurais faim d'un essaim entier d'abeilles, que je ne mangerais pas, les boutons blancs à exploser dans la gorge très peu pour moi. Je ne ferais pas deux poires, deux merises, j'irais chercher mes deux femmes par l'épiderme fessier et par la porte d'entrée. J'aurais beau l'ouvrir en grand, crier « entrez », personne n'apparaîtrait avant que je ne la referme. Je me demanderais pendant un moment si cela serait dû à l'attente trop courte (c'est que les courants d'air ça donne mal à la tête) ou au fait que mes femmes ne seraient pas dehors, mais à l'extérieur. Je finirais par m'endormir dans le hall d'entrée, plissant les paupières d'insomnies lasses, la bouche dans mon pouce.

Epouses reviendraient alors, l'épuisette sans trous à la main, de la piscine olympique, pas sportives pour un plouf. Elles ne me verraient pas allongé dans la savane de l'entrée, les longs poils du tapis se confondant avec ma nudité tigrée. L. m'enjamberait grâce à son troisième ½il, mais j'aurais vu Kami, aveugle comme un aigle royal réglo et loyal, se prendre les pieds dans les miens et y faire des n½uds en tombant. Nous y voilà alors sur l'instant bien contrariés, les poissons invisibles s'échappant des épuisettes conjugales par les trous de la taille d'un poing de pygmée pour s'aller frayer en toute liberté à l'oasis le plus proche. L., le visage toujours fendu de ce gros ½il gris, telle un crustacé copépode d'eau douce muni d'un ½il unique et qui utilise ses antennes comme appendices locomoteurs appelé cyclope, leur courrait après, non sans difficulté, c'est qu'elle aurait des chaussures vert-fluo qui ralentiraient sa course puisque elles n'auraient de cesse de chercher à se cacher derrière des souches. Je ferais toujours semblant d'être dans les bras de Morphée, quand ceux de ma femme qui ne serait pas en train de sauter entre les herbes hautes de notre hall-art-primitif, tenteraient vainement de délier nos doigts de pied, et y parviendrait somme toute assez facilement, c'est que nous n'en aurions pas plus de quinze à nous deux.

Quand nous aurions retrouvé nos orteils respectifs, quand tous les poissons (et ceux supplémentaires, nouveau-nés de cette période de rut dans les courts d'eaux asséchés de notre entrée africaine) auraient été repêchés puis relâchés dans la piscine (c'est que nous n'aurions pas faim et que de toute façon nous n'aimerions pas les arrêtes, aussi invisibles soient-elles), nous pourrions alors nous allonger en sous-vêtements et sous la pluie. Ainsi protégés par nos lunettes de soleil, à califourchon sur la bûche la plus inconfortable et glissante, nous parlerions pluie et beau temps :
« Dites-moi chère femme, comment se porte Dieu ? »

Je me serais sans doute trompé d'épouse car je me serais attiré les foudres de celle qui avait été frappée par la grâce divine. Piquée dans son orgueil jupitérien, elle m'enverrait éclairs et chocolats de Pâques périmés avant de s'enfermer dans un mutisme, prolixe de borborygmes. Je me tournerais alors vers l'autre qui sans avoir été perturbée le moins du monde par la tempête d'origine divine qui venait de faire rage à ses côtés et qui ne faiblissait pas (Pasteur étant parti en expédition polaire dans le sud de l'Amérique australe, à la recherche d'un vaccin contre le rafifme), s'adresserait à moi dans ces termes, emplie de fatalité :
« Tout est ta faute. »

C'est qu'elle penserait tristement que Meredith ne reviendrait plus jamais à cause de la fin de la phrase et qu'elle penserait que j'étais triste parce que l'empereur ne reviendrait plus jamais. Je lui dirais qu'elle n'aurait pas tout à fait tort, peut-être pas tout à fait raison non plus, mais en tout cas pas tout à fait tort. J'enchaînerais alors, pour faire durer son sourire, évitant qu'il ne s'efface trop vite avec une phrase euphonique qui sonnerait comme suit :
« Quand l'alarme f½tale retentira-t-elle ?
-Comme pour toutes les femelles de notre espèce, ma période de gestation doit durer neuf mois, mais je ne peux pas attendre Mari, tu me connais
. Moi d'hocher vigoureusement la tête, L. de groumgroumer. Je voudrais accoucher de jumelles aveugles dans le mois, même si on y verrait pas plus clair, il n'y aurait pas d'jalouses ; ou bien avorter dans les plus brefs délais. C'est que j'hésite encore.
-Le choix est cornélien »
, renchérirais-je en connaisseur de mes classiques théâtraux, quand L. émettrait des scrogneugneux.

Kami mésinterprèterait les plaintes étouffées de sa femme car elle dirait alors, plus énervée que je ne saurais jamais l'être :
« Oh vous et vos principes ! Vous fûtes pour l'émancipation de la femme il y a quarante ans, sachez qu'aujourd'hui, révolution des m½urs il n'y aura pas sans que la science passe par là. Pas de suprématie féminine sans un petit truchement de Mère Nature vous m'entendez ? Alors cessez vos sourdes jérémiades, si vous ne souhaitez pas finir enchaînée aux barreaux d'un lit à vous faire pétrir les seins par un apprenti boulanger ne ménageant pas ses efforts pour obtenir son BEP pâtisserie ! I don't care about what you think, you know ! You're the submissive and subdued but no substitute wife of mine and 68 or not 68, as a wife you have to listen to me and to obey me slavishly ! That's all you need to know darling. No God, no boss, we don't need'em. I'm here.»

L. de marmonner relativement fort dans son absence de moustache, que si Kami comprenait l'anglais un minimum elle aurait perçu le moindre mot des paroles de sa femme qui s'étonnait des progrès considérables de sa shakespearienne d'épouse ; c'est qu'elle oublierait un temps que tout ceci n'est que jeu romancier. Tant mieux pour tous, il n'en serait rien car je rirais pour noyer le tout sous un tremblement du château, ce qui aurait pour effet imprévu de faire tomber la poussière accumulée sur tous les meubles par des domestiques de moins en moins scrupuleux. Reprenant mon souffle, je m'écrirais alors que diantre, il faudrait les sous-payer encore plus ces sous-fifres, qu'ils comprennent qu'ici, nous sommes les maîtres. L. rigolerait entre ses canines et Kami me ferait savoir fièrement qu'ils ne gagnaient déjà plus rien depuis trois mois. Dans la même phrase, elle poursuivait :
« et il faut que tu te trouves un remplaçant, maintenant que l'empereur s'est éjecté lui-même de ce bouquin. »
L. qui n'était pas encore au courant s'agiterait sur la bûche, ce qui nous ferait tous perdre l'équilibre et nous nous retrouverions tous les trois la tête dans le sol, la bûche à califourchon entre nos jambes tendues. La bouche emplie de terre, j'avalerais un vers avant de de renchérir amèrement :
« Tu as raison femme, comme toujours. Mais tu vois j'ai peur, je ne veux pas dire que j'ai peur de ne retrouver personne, je ne peux pas dire ça, je suis moi tout de même, mais tu vois j'ai un peu peur, pas peur de ne retrouver personne, je ne peux pas dire ça, je suis tellement beau, mais tu vois j'ai un peu peur, pas peur de ne retrouver personne, je ne peux pas dire ça, je suis trop intelligent, mais tu vois j'ai un peu peur, pas peur de ne retrouver personne, mais peur de trouver quelqu'un. Je m'explique parce que je vois que tu ne suis pas. Et elle ne suivait pas, plus occupée à jouer avec des racines de ginseng avec sa femme comme si elles étaient filles de botaniste. En fait, je suis trop gentil, on me l'a dit, mais on m'a aussi dit de cultiver cette gentillesse alors je suis un peu perdu, je te l'avoue. Et puis je ne veux pas d'cheveux-pâles, je ne veux pas d'un blond à rien. Peut-être me dis-je depuis plusieurs jours, devrais-je me contenter d'un sexe-à-pile, mais j'ai vu les prix sur le marché et Shortbus, et bon, les deux m'effraient un peu. Mais surtout Kami, je peux te le dire maintenant parce que j'ai bien vu que tu t'es endormie et que tu ne pourras cette fois me contredire, j'ai très peur de ne pas retrouver quelqu'un d'aussi intelligent que mon ex-empereur, parce que tu sais bien, finalement, que c'est l'être le plus intelligent qu'il m'ait été donné de rencontrer. Quand j'ai rencontré tous ces pédés, hier, c'était bien. Il pleuvait, j'étais content de pouvoir parler avec eux, ils m'avaient un peu manqué sans doute. Mais tu vois, je me suis rendu compte que c'était Cassos le plus intelligent, c'pour dire.
-Ça ne s'étonne pas, ça t'étonne pas... ça ne m'étonne pas du tout »
, parviendrait enfin à articuler mon interlocutrice qui viendrait de se réveiller au nom de son ami.

C'est ce moment précis que L. choisirait pour recouvrir enfin la voix en même temps que l'usage de celle-ci pour nous crier qu'Arthur a peut-être un cancer de la peau : « C'est qu'il a peut-être un cancer de la peau ! ».
L'humus gras serait alors notre allié à Kami et à moi dans cette guerre maritale car elle étoufferait nos rires incontrôlés. Malgré la gravité de la déclaration, mon rire fou redoublerait à l'ouïe de celui enterré de ma femme et c'est ainsi que, secoué de soubresauts (prononcés comme ça s'écrit) hilarants, je ferais à nouveau se retourner la bûche et nous nous retrouverions sans contrefaçon à la surface, l'écorce pourrissante nous meurtrissant au passage le tissu résistant et souple, constitué de plusieurs couches cellulaires, qui recouvre le corps des vertébrés et qu'on appelle vulgairement peau. Gênés d'être ainsi à découvert, nous ôterions toute la boue de nos orifices multiples en sifflant. Pas aisé de se contenir de pouffer quand la langue que vous mordez entre vos dents pour éviter tout bruit suspect, doit en même temps danser sous votre palet pour siffloter, histoire de passer inaperçu. Notre petit manège passerait pour le moins inaperçu auprès de L. qui serait de toute façon trop occupée à se décrotter les oreilles pour nous entendre nous rouler au sol.

Quand nous serions enfin plus sales qu'avant de sortir, la pluie aurait cessé de tomber et nous aussi. On se relèverait alors sans crainte aucune, et marcherions à la queue-leu-leu vers notre modeste mais immense demeure, découpée dans les nuages gris foncés du ciel, notre château se remarquerait aisément du fait de sa teinte anthracite. Parce qu'on aurait mal et à l'½il et aux têtes, on retournerait à l'état larvaire devant la tivi. Miss Turbine nous ferait rire, parce que quand même c'est drôle et que c'le seul programme britannique capté par notre parabole high-tech de trente mètres de diamètre, que Kami puisse comprendre sans mal.

# Postato mercoledì 28 maggio 2008 17:55

Modificato giovedì 29 maggio 2008 14:07

XXI. Pour être riche, il faut vendre des surimis en Norvège. Calum E.T. Jane.[αятι¢ℓє νιηgт-¢ιηqυιέмє вιs]

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_____Comme tout le monde se moquerait de mes coquelicots, je déciderais de les laisser dans le champ parce que de toute façon je projetterais de vivre with the cuttiest poppy of the shield l'année suivante. Même que j'en ferais exprès de parler angliche Kami parce que le lendemain on serait le 17 mai et que donc, je penserais que j'aurais le droit de faire ce que je voudrais ce soir-là. C'est d'ailleurs pour ça (et aussi parce que je connais des caniches avec des cervicales solides) que j'irais me transformer dans la nuit. Comme tout dresseur de Pokémon qui se respecte, j'aurais toujours envisagé cette possibilité ; Pikachu a toujours rêvé d'être une femme qu'on se le dise.

_____Mais puisqu'on m'aurait déclaré la veille en quinze que si j'avais un minimum d'affection pour les gens qui grossissent parce qu'ils ne font pas de footings, parce qu'ils n'ont pas le temps, parce qu'ils révisent, parce qu'ils ont des examens jusqu'à mi-juin, parce qu'ils sont intelligents (d'où : les gens intelligents ont le droit de grossir), alors j'aurais tout de suite compris qu'on n'utilisait cette expression désuète dans le seul et unique mais surtout seul but d'en cacher une autre.

_____Du coup, j'me dirais que si on était persuadé que j'avais de l'affection pour les gros intelligents, ça voudrait forcément dire que les gros intelligents ont envie d'me baiser, donc ouais j'aurais décidé d'me transformer quoi. C'est d'ailleurs dans ce but que j'aurais acheté ce nouveau vernis à ongle gris et que je me ferais désormais et pour toujours appeler Jane. D'autant que ça ne les gêneraient pas les philosophes (qui disent que la philosophie ne sert à rien) obèses, parce qu'ils auraient déjà bassement forniqué avec des femelles dans leur tendre et naïve enfance, à dos de skate, en descendant la rue pavée LeBastard.

_____En parlant de perversion sexuelle qui se banalise dans nos sociétés (« c'est que les hétéros, vraiment, y'en a de plus en plus hein CherryDarling », qu'ils se disent les pédés en regardant le foot le vendredi soir à la télé), j'aurais envie de vous parler de Mérédith. Comme son nom ne l'indiquerait pas du tout puisqu'il s'agirait d'un pseudonyme, Mérédith serait une jeune femme blonde qui rentre dans les rétro des gens et repart en balayant le parking mais sans laisser de mot. Figurez-vous que cette psychopathe des métros passerait avant l'jus d'pomme-framboise. Et ce ne serait pas tout : je saurais même de source sûre (c'que c'un cheval britannique qui me l'aurait chuchoté à l'oreille) que la plus rousse de mes femmes (allez donc savoir de laquelle il s'agit puisqu'aucune des deux n'a de cheveux anymore) aurait envie de revoir Mérédith et de coucher avec elle et avec constance. Mais ce serait un secret et ce serait bien pourquoi je l'écrirais sur tous les toits : pour que personne ne puisse le lire. Qui aurait l'idée d'aller déchiffrer les ardoises par ce temps ? Il faudrait être fou, ou du moins follement jalouse de sa femme...

_____Pendant ce temps là, L, dans notre glyptothèque, ne se soucierait guère de l'inconnue entre-aperçue en coup d'vent (après une expédition glissée dans l'oubli et glissante sous la pluie et sur la gouttière périphérique du château) et encore moins du fait que j'écrive pour me parler. C'est qu'elle serait tout autant joviale d'être enfin une femme aux yeux miros de la loi (à croire qu'ils en doutaient auparavant, ça doit être les cheveux longs) que j'en serais heureux. C'est que bien sûr, tout ceci n'est qu'une très bonne certes fiction.

_____Car en vérité L, après s'être tordu une cheville, cassé onze orteils, et fracturé le crâne, en voulant jouer les filles de l'air sur l'aire dangereuse du toit calligraphié de notre propriété, n'en reviendrait toujours pas de ce qu'elle aurait découvert. Et ce serait de quoi elle serait en train de me parler, ce que je n'écouterais qu'à demi-mot, ce qui donnerait :
« J'ai entr'apercevoir –qui de ressort, le bien- écrit perché, sur pointe pieds, perte équilibre la effondrée. En toute quand chus sur pieux à peur oiseaux. Femme... femme..., comment, ce vrai ? »

_____Je n'aurais rien compris et lui aurais demandé de répéter, ce qu'elle n'aurait pas manqué de faire :
« Cru –ce est votre, je sais- un haut, juchée la des, en d' sur gouttière. J' fus retournée je violemment les destinés faire aux. Notre... Votre... elle, dire, serait ? »
Ce serait tout de suite plus clair, alors je répondrais obscurément après moult salamalecs :
« Sexuellement, c'est-à-dire avec mon âme*, je vous répondrais : Son mobile était d'être freudienne. »

_____La plus soixante-huit tard de mes femmes, s'enfuirait alors en courant lentement vers les WC qui occuperaient tout le cinquième étage. Je l'entendrais crier sans bruit et pleurer à sec pendant cinq bons jours (le temps pour Kami de faire ses adieux temporaires à celle qui a eu le droit, elle, de voir mon empereur ce week-end). A L'aube du sixième jour, les gémissements auraient séché, et on s'en inquiéterait. On penserait alors à lui faire livrer pizza et soda sous la porte. Après s'être goulument repue, elle nous dirait alors qu'elle est enfermée de l'intérieur, c'est que la clé ne tournerait plus dans la serrure pourtant huilée une fois tous les six-cent-cinquante-trois ans. Kami et moi d'un côté de la porte, et L de l'autre ne cesserions de crier dans tous les sens. On nous entendrait de New York et on penserait à une nouvelle attaque terroriste. Bush tairait les rumeurs même si Barack aurait raison de penser que le bruit ne serait là que pour leur faire penser qu'il n'y aurait finalement pas d'attaque, alors que Ben L. en profiterait pour détourner trois avions à nouveau sur Disney World. Tous les enfants du monde en pâtiraient, mais Monsieur-Primogéniture-Masculine s'en frotterait les mains, c'est qu'ainsi, ils regarderaient tous que des Miyazaki désormais.

_____Dans l'état de panique mondial ambiant, je commencerais à stresser un peu et hurlerais la stupidité la plus intelligente de la journée :
« Lance la clé par la fenêtre ! »
L me traiterait de cinglé attardé de bâtard d'sodomite d'uraniste qui ne sait plus c'qu'il dit et Kami tenterait de m'assommer avec un plumeau qui traînerait par là. Mais je tiendrais bon et leur répéterai mon idée :
« Lance la clé par la fenêtre ! »

_____La vingt-cinquième fois, j'aurais fait entendre raison à Kami et la quatre-vingt-huitième à L qui, nostalgique de la mélancolie, se tournerait alors vers le vitrail du XIIIème siècle exécuté par Picasso. Désabusée du blasement, L le briserait à coup de rouleau de papier toilette et jetterait la clé à l'aveuglette par la meurtrière. Kami et moi courrions alors au-dehors où à tâtons dans l'herbe haute, nous mettrions encore cinq jours à trouver la clé de fer forgé de vingt-deux centimètres de long.

_____C'est ainsi qu'L nous reviendrait après son séjour d'une dizaine de jours dans les waters. Depuis ce jour nous mettrions un écriteau sur la porte : à n'utiliser qu'en cas de grande grande grande grande nécessité et c'est pourquoi nous la franchirions à chaque envie pressante (d'autant que ce serait la plus proche de l'escalier dont il faut déjà compter trois heures à monter).

_____Pour le coup, je m'arrêterais d'écrire pour ce soir-là, et je me dirai que je reprendrais le lendemain dans le car. Je m'endormirais dans mon lit avec mes deux-cents quarante cinq moutons anglais en pensant : Imagine si on était triste quand on était mort...

_____Je me ferais alors réveiller par les Beatles et je les insulterais copieusement pour avoir osé perturber mon sommeil pendant lequel je rêvais de me faire réveiller par les Beatles.
« Ostrogoth toi-même ! » me rétorquerait John avant de s'emparer vu et reconnu de mes lunettes de soleil qui lui garantiraient un succès sans borne auprès des fans. Par esprit de coalition, ils refuseraient tous (à l'exception de Paul qui était cliniquement mort, tué dans un accident de voiture en novembre 66 et dont le sosie était à l'état d'hibernation dans notre chambre froide, dans l'attente d'un réveil dans le troisième millénaire) de m'accompagner à la ville. Je m'en foutrais parce que je serais persuadé qu'ils n'atteindraient jamais la renommée internationale.

_____Coiffé d'un pneu-papillon, J'aurais la chair de poule à Rennes mais ce ne serait pas à cause du froid car en temps normal, me dirais-je alors, je n'ai pas de frissons aux intestins caoutchouteux –aussi longs soient-ils. C'est que j'aurais des n½uds plein les pneus. Je me rendrais alors compte que je serais un peu triste car je ne rigolerais même plus de mes propres blagues. Je remettrais alors le capuchon de plastique sur mon crayon de bois et continuerais à écrire.



*Boris Vian
XXI. Pour être riche, il faut vendre des surimis en Norvège. Calum E.T. Jane.[αятι¢ℓє νιηgт-¢ιηqυιέмє вιs]

# Postato domenica 18 maggio 2008 07:42

Modificato domenica 18 maggio 2008 09:06

XIX. « J'vais t'bouffer les méninges, j'ai soif de connaissance ». Prémices d'une chronique inachevée.[αятι¢ℓє νιηgт-qυαтяιέмє вιs]

XIX.	« J’vais t’bouffer les méninges, j’ai soif de connaissance ». Prémices d'une chronique inachevée.[αятι¢ℓє νιηgт-qυαтяιέмє вιs]
____Au réveil d'une nuit très chaude (car j'aurai pris soin de me couvrir uniquement d'un drap de satin bleu rayé de bleu) j'aurai un peu froid. C'est que j'aurai sué en plein songe et surtout au réveil, lors des réminiscences honteuses de mes rêves. Les joues rosies par les coups de soleil, j'irai alors me rouler dans les pâquerettes –comprendre en plein soleil- pour recouvrer mon sang-froid.

____Songeant à la nuit passée, je singerai l'indifférence quand je croiserai L étendue de tout son long sur mes marguerites.
« C'est que notre femme occupe déjà mes boutons d'or » me lancerait son sourire pour toute répartie, en montrant des canines ladite fautive sur ses fleurs du mal.
Décidant alors de ne pas les fustiger chacune leur tour à leur méritée dans une bonté d'âme sans égale, je m'allongerai à mon tour nonchalamment dans les pissenlits de la voleuse originelle. C'est que j'aurai suffisamment à faire avec mes pensées miennes pour ne pas m'occuper de leurs jeux propres.
____Pour me refroidir un peu le ciboulot qui tournerait à plein régime depuis le réveil tropical du matin, je m'abriterai sous quelques tropiques plus cléments (c'à dire le réfrigérateur de la cuisine externe). J'y volerai un jus de pomme à la framboise en riant car j'aurai acheté ledit breuvage ainsi que le verre avec ma carte de crédit la veille en 10. Après m'être délicieusement désaltéré à la paille je reviendrai dans la praire, en paradant parmi les donzelles en fier pédé pédant d'intelligence que je suis, promenant son Sartre sous le coude.

____Exhibant tout autant son Existentialisme est un Humanisme que sa vanité sur l'herbe grasse et haute qui entourerait notre château insulaire, je n'en mènerai pourtant pas large. C'est que pendant que les femmes rouleraient leur bosse dans le jardin, donnant bonbons et caresses aux molosses qui gardent l'entrée, je tournerai les pages doucement, dans l'intention délibérée de ne pas lire. C'est que je serai trop tourmenté par le souvenir bien trop présent des rêves passés. Je m'y reverrai nu dans une pièce que je partagerai avec Alain Malassis (pour ne pas le nommer surtout quand ce livre sera édité), Lucie-La-Communiste se gaussant de moi, car c'est « très drôle de faire de la coloc' 'vec AlainMalassis » (comme elle a toujours coutume, quand elle parle de lui, d'accoler son nom à son prénom comme si finalcompte, tout ne tenait qu'en un seul bloc). Je lui rétorquerai que « de toute façon tu étais tout le temps fourrée chez lui » et ça m'emmènerait dans un labo d'analyses où la tenue d'Adam serait encore préconisée au regard de mon accoutrement. Mère Pervers m'y demanderait de pisser dans un tube, afin de, après avoir bien shaké la solution dans une chorégraphie bien particulière non sans rappeler la tektonik pendant dix minutes, checker si je n'ai pas quelque maladie infectieuse. Un terrible sentiment de honte me parcourrait l'échine (et bien plus bas puisque je serai nu comme un vers frileux) quand je me rendrai compte que la pseudo séance psychanalytique en tenue d'Eve viendrait de laisser place à un lourd et pesant rêve érotique dans la même tenue bien évidemment -c'que c'plus pratique- le premier du nom si ma mémoire est bonne (à rappeler ici que ma mémoire est bonne comme seule peut l'être une purée aux escargots agrémentée de petit-pois en sauce) avec l'empereur que je me suis choisi pour partenaire. Ou qui m'est tombé dessus, quand, mûri par des années d'études pseudo-intelligentes, il aura terminé de déblatérer des idioties dans le genre « j'trouve que sodomiser ça fait pas classe comme terme, vous en pensez quoi ? C'chelou d'dire : J'ai envie qu'tu m'sodomises nan ? » tout en faisant du skate, selon les témoins.

____C'est à ce moment précis que je me réveillerai essoufflé, perdu dans les pissenlits soufflés en ce trop doux mois de mai. C'est que cherchant à me remémorer ces rêves douloureux pour mieux les analyser dans le détail car, comme l'indiquent mes lectures, je connais tout de Freud, mon cerveau aguerri, sans aucun doute réfractaire à la moindre envie de déduire de ces stupides rêves un complexe de Kuzco ou autre syndrome de Genghis, aurait préféré s'assoupir, sans la moindre hésitation, par pur réflexe d'auto-défense. Pour ne pas perdre de temps il aurait préféré sombrer dans le sommeil, quitte à subir les mêmes rêves douloureux, par simple esprit de contradiction.
____Les rêves s'étant cette fois-ci révélés disons ludiques pour ne pas choquer les bons m½urs et la bienséance, je me relèverai, non sans mal car il faudrait alors cacher aux yeux inquisiteurs de la milice conjugale, l'érection non contrôlée mais bienvenue qui tendrait mon maillot de bain. Se laissant aller à des plaisirs onanistes, je pourrai ainsi repartir vers mes femmes, l'esprit leste et détendu.

____Ayant pris soin de ne rien leur révéler de mes exploits nocturnes, elles auraient été au courant de tout. Mais sans doute pour ne pas me mettre dans l'embarras, elles préféreraient ne rien dire, c'est du moins ce que je croirai. Je les rejoindrai donc discrètement, sans siffloter parce que je déteste clairement ça et puis franchement faut pas être bête, les gens ils regardent tous les mêmes films et ils savent que quand on siffle, y'a baleine sous gravier. Je les trouverai alors en train de barboter entre les rochers, à marée basse.
____J'aurai alors le bonheur de voir -avant de courir à grandes et folles enjambées- mon cousin (parce que je sais qu'il nous lit désormais) qui descendrait tout juste d'un hélicoptère muet comme Ingrid Betancourt pour nous rendre visite. Je lui sauterai littéralement au coup, ce qui aurait pour double effet de le faire se coucher sur le sable pour la première fois de sa vie et de ne surtout pas faire remarquer sa présence auprès de mes jeunes épouses.
____Il se relèverait alors après m'avoir rendu baisers et accolades et resterait planté debout, se confondant avec nos piquets à moules, regardant mes femmes s'ébrouer dans une mare de la taille de leur popotin, en me disant :
« Tout de même Cousin, quelles belles plantes tu as là, heureux d'avoir pu te les faire épouser ces femelles.
-N'est-ce pas qu'elles sont charmantes, regarde-moi ces bikinis »
que je répondrai et nous resterions alors là un instant à les regarder dans la plus totale immoralité voyeuriste. L'instant durerait bien un huitième d'heure. A la trente-et-unième seconde de la septième minute je me rendrai compte que Cousin pour les intimes ou Dieu pour tous les autres serait quasiment nu, ne portant qu'une casquette et une paire de tongs. Pour ma part je serai pieds nus, mais je disposerai d'un petit short blanc seyant, très beauf qu'on se le dise. Je me dirai alors que nous devrions être bien beaux là, tous les quatre.
____Nous mettrions alors les choses au clair tous les deux sur la question des sentiments des femmes et des sentiments des hommes. C'est qu'il y aurait eu un semblant de début d'affaire avortée pas très catholique entre un prêtre orthodoxe et une païenne déjà unie par les liens sacrés du mariage. Nous souririons en concluant que les sentiments c'était comme les goûts et les couleurs, et que lui de toute façon :
« Je m'en fous. »

____Laissant les femmes à leurs jeux semi-aquatiques nous partirions en direction du château tout en leur criant, alors qu'on monterait la première marche, de ne pas oublier de nous ramener coquillages et crustacés pour le repas du soir. C'est qu'il y aurait Koh-Lanta à la télévision le soir même et que, en bons citoyens que nous serions, nous ferions tout comme à TF1, seule et unique chaîne alors.
____Après la dixième marche (c'est qu'il n'y aurait pas de onzième, nous n'aurions pas voulu pousser le vice sportif plus loin), je m'enquerrai de la santé de l'hôte :
« Tu n'as donc toujours pas viré de bord l'ami. Simple affirmation au regard de sa barbe de trois semaines. Je retrouve le Bad Guy qui joue les anars, au bord de la rivière, pendant les vacances.
-Hum, tout juste Cousin. C'est que vois-tu, pendant ce long week-end de la Pentecôte je me suis promené avec des amis anarchistes de la Communauté de l'Anneau, sur leurs grands chevaux, dans la Contrée. Il n'y avait pas de femme et, il fallut bien s'occuper un peu. On a joué régulièrement à touche-pipi et je peux t'avouer désormais en connaissance de cause que, bien que ce ne fut point désagréable de tâter de la fesse ferme et douce d'elfe blond aux oreilles en pointe, j'en suis resté moi-même. »

____Nous serions alors en train de grimper un arbre, afin de trouver pommes de terre et autres tubercules pour agrémenter le dîner.
« Comme tu vois, j'ai perdu toutes mes affaires dans la bataille. »

____Je le regarderai alors en me disant que diable s'il avait été de la jaquette, que diantre si je n'avais pas été épris d'un autre, que fichtre si je n'avais pas eu si peur de déchirer mon shorty et que parbleu si je n'avais pas été sûr que nos cris auraient attirés les femmes et ainsi laissés coquillages et crustacés dans l'eau, je lui aurai bien sauté dessus, à cet instant et à califourchon sur cette branche, entre les feuilles. Contenant mes émotions je dirai alors :
« Tu me présenteras tes amis, veux-tu. »

____De notre perchoir nous verrions L et Kami, réconciliée pour l'occasion, partir avec l'esprit dans un champ immense de coquelicots, comme la mer, on n'en voit pas le bout. Elles marcheraient jusqu'en plein milieu, et elles sauraient quand elles arriveraient au milieu, elles s'allongeraient et disparaîtraient aux yeux du monde, elles se couperaient les cheveux à la garçonne et elles resteraient les yeux grand ouverts et les coquelicots s'agrandiraient, se déformeraient et ne ressembleraient plus à des coquelicots. Nous nous regarderions en pensant à notre repas et à quand elles nous reviendraient enfin, comme avant.

# Postato lunedì 12 maggio 2008 14:39

Modificato lunedì 12 maggio 2008 15:35

Prémices d'une chronique inachevée, partie 16Je ne vois pas en quoi le fait d'être sincère prouve que je mens.[αятι¢ℓє νιηgт-тяσιsιέмє вιs]

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_____Parce que certains tardent à écrire, d'autres ne tardent pas à se dire dans le noir que certains tardent à écrire. Ils profitent donc de la nuit au dehors pour mettre à jour l'ennui. C'est qu'ils ont décidé d'être insomniaques pour l'amour du mot, car autant d'un point de vue tactique que technique ce ne sont pas quelques modestes troubles somnifères qui décident à eux seuls de la vie nocturne de tout un chacun.
_____Et même s'ils ont peur de leurs noires pensées, ils ne les déversent pas, sans doute par peur de l'effroi. Ils préfèrent se dire que le 17 mai sera une journée banalement quotidienne, identiquement pareille à toutes les autres et se concentrer sur les touches car le halo lumineux de l'écran leur nique les yeux, disons le, dans l'obscurité de l'informatique. Ils se penchent dangereusement pour leur dos qui aurait besoin d'être musculeux et en nage et s'épanchent sportivement dans un dos crawlé musclé dans la piscine couverte de leur château tout vert.
_____S'il pleuvait, ils nageraient sous la pluie. Mais c'est bien plus drôle quand le ciel est noir de grisaille, de s'ébattre sous la bâche, les doigts battants à chaque passage, le plastique d'un noir plein de bleus. Leur femmes dorment, car nous ne sommes pas dimanche alors ça ne leur dit pas de se lever à des horaires aurorales pour se laver dans un hiver et un vertige boréals. C'est dans ce placenta froid qu'ils renaissent de leur sueur car ils ne croient pas du coup aux conneries freudiennes. Ils laissent donc ¼dipe et Electre de côté, et nagent aux antipodes, c'est qu'Antigone a quand même plus la classe. D'un angle à l'autre de leur contre-plongée, ils ressassent dans le ressac inexistant de cette non-mer des pensées maritales et légitimes ; pas maritimes ni légales pour un sou.
_____C'est qu'ils ont peur un peu (Calum, ET, Jane et tous les autres), d'abandonner femme et épouse, ou pire de les délaisser inconsciemment ces temps-ci. Ces temps-là, ils se disent de concert, que véritablement, Freud étant à mettre au feu, il ne reste plus qu'à prendre la responsabilité de l'échec conjugal sur ses lourdes épaules de nageuse olympique posant nue sur le net. Si ce n'est pas inconsciemment, qu'on leur permette au moins que ce soit involontairement. C'est qu'ils ont peur que le mariage passe après la course aux jupons. Violets, les dits sous-vêtements, c'est que c'la mode de l'été.
_____Un empereur mongol qui vous enchante par ci, un émigré sans carte d'identité qui vous fait chanter par là, et on n'est pas loin, tout de suite, de dire qu'on est amoureux quand il chante. D'autant plus qu'ils ne l'ont jamais entendu que fredonner, c'est pour ne pas dire à quel point ils sont épris.
_____Pris la main dans le sac de couchage, Calum s'en voudrait presque alors qu'ET ne pense qu'à pédaler dans le ciel. Jane bien sûr se morfond, mais cela uniquement car si elle ne ronge pas son frein elle finira par mordre le fond et de s'y rayer les dents. Pour sauver leur sourire, ils s'en vont donc tous les trois réveiller la châtellenie. A coups de seaux d'eau pour les asperger et de sauts d'haut des lits pour réveiller ces asperges, les deux femmes du château sont sommées d'émerger d'un sommeil assommant. Ils peuvent tenir conseil tous ensemble alors dans la petite pièce froide et austère prévue à cet effet dans l'aile vacillante du château. Calum répète son amour à ses deux femmes aux yeux crottés par le sommeil, ET leur raconte un séjour vélocipédique dans la nuit. C'est qu'exténuée par les coups d'pédale, Jane pleurait alors de chagrin, pour le meilleur et pour le pire. Ils n'osaient tous les trois se dire qu'il faille un jour choisir entre le mariage et la débauche amoureuse, alors ils n'en dirent mot, se contentant de parler beau temps, tant et beaucoup que leur femmes finirent par s'endormir comme si elles n'avaient jamais été tirées violemment du sommeil. L'insomnie avait parfois cet avantage, qu'elle faisait rêver les femmes. Ça aide.Elles dormaient d'un amour du juste, celui de la confiance matrimoniale, du bonheur nuptial pendant que certains ne trouvaient toujours pas le sommeil,
_____tourmentés qu'ils étaient par leurs écrits plus révélateurs que l'étaient leurs pensées.


_____Si on allait alors dans son lit, et arrêter de se fatiguer à coucher sur ce papier des histoires à dormir debout.



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Prémices d'une chronique inachevée, partie 16Je ne vois pas en quoi le fait d'être sincère prouve que je mens.[αятι¢ℓє νιηgт-тяσιsιέмє вιs]

# Postato venerdì 02 maggio 2008 19:27

Modificato sabato 03 maggio 2008 02:40